Non l’#UDI n’est pas un rassemblement centriste !

Publié le par inmediovertus

têtes UDI

Non l’#UDI n’est pas un rassemblement centriste !

 

Bon, on dit souvent qui aime bien châtie bien…

Très honnêtement, j’espérais, et c’est toujours le cas, que la victoire de François Hollande allait générer une petite révolution dans le paysage politique français.

 

Non, je ne m’attendais pas à une gauche triomphante et qui nous rendrait l’exemplarité démocratique que j’espère secrètement, qui dis-je, que j’exhorte publiquement, mais je m’attendais à ce que chacune des grandes familles politiques soit confrontée à la nécessité de se renouveler :

@ Le PS allait retrouver le pouvoir : confronté à la réalité économique de la France, il aurait bien du mal à parvenir à faire  longtemps illusion sur ses capacités à tout résoudre à coup de « je donne plus à untel, je donne plus à tel autre » ;

@ L’UMP allait soit voler en éclat pour cause de ligne Buisson trop ardente ou au contraire se rapprocher davantage du FN ;

@ Le Centre, faisant face (i) à l’invisibilité publique, politique, et idéologique de son aile droite (Le Nouveau Centre) et (ii) à la défaite cuisante du Modem allait devoir se recomposer.

 

Je suis optimiste, j’en attendais donc le meilleur.

 

Et que découvre-t-on depuis quelques jours ? L’UDI, cette « Union des Démocrates et Indépendants » allait-elle devenir ce centre rassemblé et rassembleur si cher sur Twitter aux #twittosunis et #centreuni ?

Rien que de voir que c’est Jean-Louis Borloo qui menait ce mouvement me rendait sceptique dès le départ, mais garde de préjugé, j’attends toujours de voir de quelle souris pourra bien accoucher cette montagne.

Trêve de bavardages, il est temps de répondre au titre alléchant que je vous ai placardé sur vos murs : Pourquoi l’#UDI n’est pas un rassemblement centriste ?

 

La réponse est évidente, car si l’UDI était le nouvel eldorado centriste :

 

@ Jean Louis BORLOO n’en serait pas le leader : L’homme qui boude depuis qu’il n’est pas premier ministre et qu’on l"a privé de la direction d’EDF, aurait dû s’insurger bien plus tôt contre la dérive droitiste qu’a subi la campagne présidentielle de Nicolas SARKOZY et celle des législatives de l’UMP (avec Nadine Morano comme symbole) ;

 

@ Son leader ne se proclamerait pas dès ses premières interviews comme « l’allié de » (en l’occurrence de l’UMP), je suis désolé, mais il ne reste déjà plus que l’UD (le « i » d’indépendant est déjà mort) ;

 

@ On hébergerait pas en son sein Hervé Morin, l’homme qui n’a pour centre que son nombril, ce qui n’augure pas des meilleurs présages ;

 

@ L’un des pontes du PR (Parti Radical de Jean Louis BORLOO), Monsieur Yves JEGO n’évoquerait pas ce groupe parlementaire comme un groupe de « droite modérée » ;

 

@ Prétendre être au Centre ne pourrait pas s’associer à ne pas tendre la main à celui qui s’est efforcé de rester vraiment indépendant depuis 2007, qui ne l’oublions pas, a réalisé un score de près de 18% aux Présidentielles 2007

 

@ Je n’aurai pas pu entendre Jean Louis BORLOO expliquer que ce mouvement n’a pas d’autre ambition que d’éviter une défaite de plus à la droite lors des prochaines échéances électorales.

 

Voilà déjà quelques bonnes raisons, développons un peu.

 

 

 1/ Où étiez-vous sous la dérive extrémiste, qui en l’occurrence rimait avec raciste, des campagnes présidentielles et législatives de l’UMP ?

 

Et bien je vous le dis, vous n’étiez pas là ! Les plus courageux (sic !) se sont abstenus de relayer les propos dérivants de la ligne BUISSON, quand d’aucuns n’ont pas mis longtemps à oublier leurs valeurs si tant est qu’ils en ont déjà eues (Petit clin d’œil à Rama YADE, reine des arrivistes).

Jean Louis BORLOO et Hervé MORIN sont-ils montés au créneau contre cette tentative de fusion avec le FN ? Que neni !

Bayrou l’a fait, courageusement, et même si cela lui a peut-être couté son avenir politique, en indiquant qu’il voterait pour François HOLLANDE, pour préserver les valeurs de la République, sans pour autant oublier de rappeler son opposition au projet de ce dernier.

 

Pour résumer : ravaler ses valeurs et convictions pour laisser proliférer celles du FN , ce n’est pas ma vision du courage politique.

 

 

2/ Comment être indépendant si avant même définir son soi intime, l’essence de son existence, ses convictions profondes, on commence par se placer sur l’échiquier politique en étant « l’allié de » ? 

 

Je fais ici référence à cet article paru dans Le Figaro   où Jean Louis BORLOO présente l'UDI comme se situant «dans l'opposition évidemment». «On aura des convergences avec nos amis de l'UMP » : regardez la vidéo attachée à ce lien, 42 secondes : suffisance pour le ton, dans laquelle Monsieur BORLOO croit savoir que ce que veulent savoir les français repose sur la question « quelles alliances ?».

 

Bref, c’est dit, c’est clair, « Traditionnellement, le centre ce sont les modérés qui pèsent sur la droite, c’est ça la réalité ». Dommage, c’est raté pour la modernité !

Moi ma vision du centre repose sur une action politique démocrate et sociale, pragmatique et qui sort du clivage gauche/droite.

C’est ce qui est parfaitement dit ici par l’Hérétique :  


L’histoire récente du Centre nous l’enseigne selon moi. On ne peut pas se revendiquer allié de l’UMP et garder son indépendance, ça donne le Nouveau Centre. Le constat est plus accablant encore que pour le Modem au lendemain de la double douche froide électorale subie aux 1er (moins de 2% des voix) et 2nd (non élection de Bayrou) tours des législatives : car pour mourir, il faut avoir existé.

 

 

3/Je passe sur Hervé MORIN, l’homme qui a hérité des élus locaux qui ne sont pas partis avec BAYROU en 2007, qui avait la place pour être « l’UDF d’aujourd’hui » comme le scande son parti, mais qui a complétement gâché cette belle opportunité en (i) se préoccupant d’abord de faire la guéguerre avec les Oranges du Modem puis (ii) en ne s’inquiétant que du sort de sa propre carrière, aux détriments des idéaux centristes et de son propre parti.

 

Oui c’est aussi l’homme, qui comme BORLOO, ou BOUTIN aujourd’hui, ont rallié Nicolas SARKOZY en moins de temps qu’il nous a fallu pour nous apercevoir qu’ils n’auraient pas les 500 signatures.

 

Une fois n’est pas coutume, je laisserai la conclusion  sur le Nouveau Centre à Jean-François Copé qui regrette que (lire ici sur Le Figaro)  : "les centristes n'aient pas émis d'idées assez fortes, assez innovantes entre 2007 et 2012". "Là où la Droite populaire s'est fait entendre, (les centristes) n'ont pas su le faire".

 

 

4/ Je passe aussi sur Yves JEGO. C’est surtout une question sémantique, la répétition de la notion de « droite modérée » que vous pouvez retrouver ici :  

 

Je citerai quand même ce passage qui confirme bien ce positionnement :

« Comment allez-vous vous situer par rapport à l'UMP?

Nous sommes complémentaires de l'UMP. Nous travaillerons en collaboration avec ses membres, tout en gardant notre indépendance pour agir dans l'opposition. Comme lui, nous portons des valeurs de droite. La preuve: j'ai appelé à voter pour Nicolas Sarkozy, afin de limiter le risque de la présence du FN au second tour. Cela montre bien que cohérence ne signifie pas absorption. A plus long terme, je plaide lors de la prochaine présidentielle pour des primaires ouvertes avec l'UMP. Ce qui signifie que pour les élections majeures, nous jouerions l'union et la cohérence. C'est ce qu'attendent nos électeurs. »

 

Tout est dit, surtout n’importe quoi…

 

 

5/ Comment ne pas associer BAYROU et le Modem à un mouvement qui se veut Centriste ?

 

Jean-Louis BORLOO nous l’explique dans une nouvelle interview au Figaro :   

 

«  François Bayrou a-t-il sa place dans cette famille?

C'est un problème de ligne politique, pas un problème d'individus. François Bayrou n'est pas sur la même alliance. »

 

J’espère qu’au moins il lui a posé la question. Enfin moi, si on me la pose, la réponse est claire : oui c’est une question d’individu et effectivement je n’adhère pas à cette alliance de faux centristes avec l’UMP (je pense la même chose d’une alliance avec le PS, qu’on se comprenne bien).

 

BAYROU refuse de s’allier à l’UMP donc il serait « de gauche », Une fois de plus on avait droit à « soit on est pour, soit on est contre ». Là il me semble qu’on oublie sa fin de non recevoir [au sens figuré comme propre]  à Ségolène Royal dans l’entre deux tours des présidentielles 2007.

BAYROU a surement dû se voir proposer de beaux portefeuilles ministériels : un constat s’impose, il n’a jamais accepté ces propositions, et est resté indépendant !

6/ Tous mes doutes (c’est une figure de style, je n’en avais pas) se sont dissipés quand j’ai entendu Jean Louis BORLOO aux « 4 vérités » ce jeudi 28 juin 2012 sur France 2

 

« la droite républicaine ne gagnera plus jamais une élection, s’il n’y a pas à côté d’elle […] un centre puissant ». Le centre « puissant » n’apparait donc qu’un outil à faire gagner la droite (sic !) : disons que ce manque d’ambition m’atterre, et cette référence constante à la droite ou la gauche me semble bien regrettable.

On balance deux ou trois grands mots « république, social, européenne, écologique » et puis on passe le reste du temps à parler dans une logique de parti qui m’exaspère tant !

 

On notera aussi dans cette interview :

- La théorie selon laquelle la dérive buissonniste est liée à une mauvaise interprétation des raisons de la victoire de Nicolas SARKOZY en 2007 (je partage complètement cette analyse) ;

- Un refus total de dire que la campagne du Président sortant a dérivé (on fait vraiment tout ce qu’on peut à l’UDI pour ne pas froisser l’UMP).

 

Je crois qu’il est inutile d’allonger encore ce billet, car vous n’avez plus aucun doute désormais : Non l’#UDI n’est pas un rassemblement centriste !

 

 

  

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